Le Fonds de RECHERCHE BIOTIQUE est une émanation de la Fédération Française contre les Maladies Vectorielles à Tiques (FFMVT). Fédération née en septembre 2015 du rapprochement de trois associations de patients (France Lyme, Lympact, Relais de Lyme), qui se sont regroupées autour de médecins et de chercheurs afin d'informer les malades, de sensibiliser le secteur médical, les citoyens, les décideurs, mais aussi les médias, sur le développement épidémique des maladies infectieuses véhiculées par les tiques. En effet, la maladie de Lyme et les maladies associées sont particulièrement complexes, notamment lors de l’expression de leurs formes tardives, qui apparaissent des mois, voire des années parfois, après la piqûre de tique.

Plusieurs membres de la FFMVT et du Fonds de RECHERCHE BIOTIQUE contribuent au Plan national de lutte contre la maladie de Lyme, lancé en septembre 2016 par la Ministre de la Santé, Madame Marysol Touraine. Certains d’entre nous ont également participé en 2017 et 2018 à la rédaction des nouvelles recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de Santé en matière borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques.

L’année 2017-2018 a vu se préciser la nature des symptômes de ce que les médecins américains appellent le PTLDS (Post-Treatment Lyme Disease Syndrome) , et qui correspond à une rechute avec une évolution vers une forme chronique de la maladie, suite à un échec de réponse au traitement.

En 2018 la HAS (Haute Autorité de Santé) a reconnu pour la première fois l'existence d’une forme persistante de la maladie de Lyme, en plus des formes aiguës déjà identifiées. Avec le terme Symptôme Persistant Polymorphe post-piqûre de Tique (SPPT), la HAS définit ainsi les signes cliniques d'une forme chronique de la pathologie: douleurs notamment articulaires, cerveau "dans le brouillard", grande fatigue, avec parfois souvenir d'une piqûre de tique, l’ensemble évoluant depuis plus de 6 mois. Symptômes similaires à ceux décrits dans le PTLDS par les médecins anglo-saxons.

Mais le 14 novembre 2018 est un coup de tonnerre, avec la publication par le Ministère de la Santé des USA (U.S. Department of Health and Human Services) du rapport du groupe d’étude   qui a travaillé sur la maladie de Lyme. Rapport qu’il transmet au Congrès américain pour prendre des mesures adaptées.

La teneur de ce rapport est en accord total avec les positions défendues par la FFMVT, et précise fermement que les distensions entretenues par certains sur la maladie de Lyme doivent cesser.

L' existence de la maladie de Lyme chronique est indubitable ; avec des symptômes variés, dominés par la triade telle que décrite par la HAS, ou dans le PTLDS. Cette forme résiste aux traitements antibiotiques standards d’un mois. Il est urgent de réaliser de nouveaux essais cliniques pour développer des traitements efficaces.

Le rapport fait de nombreuses recommandations. Ce qui est souligné avec le plus d'insistance est la nécessité et l'urgence de renforcer l'effort de recherche sur la maladie de Lyme. La prise en charge de ces patients est une avancée majeure du Plan national de lutte contre la maladie de Lyme. Néanmoins la grande faiblesse de ce dispositif réside dans une absence totale de budget dédié à la recherche sur la maladie. Ceci sera de nouveau vrai pour l’année 2019. Cela n'a pas de sens de décréter un Plan national de lutte contre la maladie de Lyme sans RIEN prévoir pour soutenir la recherche sur cette maladie.

En s’appuyant sur l'expertise du Conseil Scientifique de la FFMVT, le Fonds de RECHERCHE BIOTIQUE lancera des appels d’offre en direction des laboratoires de recherche (INSERM, CNRS, INRA, IRD, Universités) et des services hospitaliers pour faire avancer les connaissances sur la maladie, et permettre le développement de nouveaux outils diagnostiques et de nouveaux traitements.

Ces maladies complexes nécessitent pour les comprendre une recherche de qualité, qui conduira à terme à une meilleure prise en charge des patients.

La détresse des malades ne peut pas attendre. Dès 2019, le Fonds de RECHERCHE BIOTIQUE va soutenir la recherche médicale sur les maladies transmises par les tiques, avec des financements qu'elle aura recueillis au travers de dons, sans attendre le jour où des financements publics prendront le relais.
EN SAVOIR PLUS SUR...
   
 
 

Traduction française du rapport du Groupe de Travail du Département de la Santé des USA de novembre 2018

 

21 janv. 2019


En 2017-2018 un Groupe de Travail a rédigé sous l’égide du Département de la santé et des services sociaux des USA un rapport avec des recommandations pour le Congrès américain sur les Maladies Transmises par les Tiques.
Celui-ci a été rendu public mi-novembre 2018 (https://www.hhs.gov/sites/default/files/tbdwg-report-to-congress-2018.pdf).

La FFMVT vous propose une version française de ce rapport pour en permettre une appréhension optimale – et faire que certains points importants puissent contribuer à l’avancée de la réflexion dans l’hexagone.
     
   
 
 

Cas de babésioses avec complication ou co-infection par la maladie de Lyme en Corée du Sud

 

12 janv. 2019


La babésiose, causée par Babesia microti et Babesia divergens, est transmise par les tiques Ixodidae.

Les symptômes de la babésiose varient d’une maladie bénigne de type syndrome grippal à une maladie aiguë, grave, parfois mortelle et fulminante.

En Corée, 7 cas de babésiose importés, et 1 cas endémique ont été signalés.

Nous rapportons 2 cas de babésioses sévères initialement confondues avec le paludisme. Le premier patient présentait un tableau compliqué d'un choc et d'un infarctus splénique, L'autre était co-infecté par la maladie de Lyme.

La population voyageant à l'étranger augmentant chaque année, les médecins doivent être conscients des cas de babésiose qui imite le paludisme, du caractère co-infectant des Babesia dans d'autres maladies, et de ses complications.

D’après : Two Imported Cases of Babesiosis with Complication or Co-Infection with Lyme Disease in Republic of Korea, Kwon HY, Im JH, Parc YK, Durey A, Lee JS, Baek JH, Korean J. Parasito., 2018 Dec;56(6):609-613
     
   
 
 

USA - course scientifique contre un nouveau virus transmis par les tiques

 

12 janv. 2019


La tique asiatique à longue corne transmet un virus responsable d’une fièvre sévère associée à une diminution du nombre de plaquettes sanguines (thrombocytopénie), ou SFTS. Ce syndrome a un taux de mortalité allant jusqu'à 30% chez les patients hospitalisés.

Deux découvertes révolutionnaires réalisées par des chercheurs de l'Université South California pourraient déboucher sur des médicaments et un vaccin pour traiter ou prévenir d’une nouvelle fièvre hémorragique transmise par une nouvelle espèce de tique, avant qu'elle ne se propage à travers les États-Unis.

Dans la revue Nature Microbiology du 7 janvier 2019, les chercheurs ont décrit les mécanismes moléculaires utilisés par le virus pour infecter et rendre malades les humains, un casse-tête qui déroutait les scientifiques depuis que la maladie est apparue dans la Chine en 2009.

Dans une découverte connexe publiée dans Nature Microbiology de décembre dernier, des chercheurs de l'Université South California et de Corée ont découvert que les furets âgés, porteurs du virus, présentaient des symptômes similaires à ceux observés chez l'homme, tandis que les jeunes furets ne présentaient aucun symptôme clinique. Un modèle animal pour étudier le virus, outil essentiel dans la découverte de vaccins ou de médicaments, modèle qui était jusqu'à présent inconnu.
 
"Cette espèce de tique est déjà aux États-Unis. S'ils commencent à propager le virus, ce sera un problème majeur", a déclaré Jae Jung, auteur principal de l'étude et président du département de microbiologie moléculaire et d'immunologie à l'Université South California. "J'ai commencé à étudier ce virus il y a cinq ans, car une fois qu'il était apparu en Chine, je savais que ce virus allait probablement apparaître aux États-Unis". Les conclusions viennent à un moment où les responsables de la santé sont de plus en plus préoccupés par le danger croissant des maladies transmises par les tiques. Aux États-Unis, la maladie de Lyme représente la plupart des cas, mais d’autres maladies sont à la hausse. Le nombre total de cas signalés a plus que doublé au cours des 13 dernières années, selon les centres américains de contrôle et de prévention des maladies.

Cette nouvelle menace est un insecte nouveau en Amérique du Nord: la tique à longue corne. C'est un minuscule parasite qui constitue un ravageur important pour le bétail en Asie centrale et orientale, où il prospère dans des conditions tempérées.
Il peut transmettre une fièvre grave accompagnée d’une thrombocytopénie, une maladie qui provoque des nausées, de la diarrhée et des douleurs musculaires. La maladie est souvent mortelle et tue jusqu'à 30% des patients hospitalisés. Le virus épuise les plaquettes sanguines lors de la réplication, ce qui empêche la coagulation et conduit à une hémorragie semblable à l'infection par le virus Ebola.

La maladie s'est propagée au Japon et en Corée depuis son apparition en Chine. Le virus SFTS n'a pas encore été détecté aux États-Unis, mais la tique à longue corne asiatique a été trouvée dans neuf États au cours des deux dernières années, notamment dans l'Arkansas, le Connecticut, le Maryland, le New Jersey, l'État de New York, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, la Virginie et la Virginie occidentale.

Le CDC considère la présence de la tique à longue corne asiatique aux États-Unis comme une "menace de maladie émergente" et recommande actuellement des efforts de surveillance et de dépistage des agents pathogènes.

Par ailleurs, un virus génétiquement similaire au virus SFTS, le virus Heartland, et causant une maladie humaine identique a indépendamment été découvert aux États-Unis. À l'échelle mondiale, la maladie SFTS provoque l'infection de milliers de personnes chaque année en Chine.

Jung et ses collègues ont découvert que le virus ciblait un gène appelé TPL2, impliqué dans la réponse inflammatoire de l'organisme. Chez une personne en bonne santé, la réponse inflammatoire naturelle du corps aide à combattre l’infection. En cas d'infection par SFTS, le virus commande au gène TPL2 d'éteindre cette réponse inflammatoire protectrice au niveau du site de la piqûre de tique, créant ainsi un espace protégé dans lequel le virus peut se multiplier avant de se répandre dans tout le corps.

Chez les animaux, les chercheurs ont désactivé TPL2 avec un inhibiteur; en conséquence, le système immunitaire a réprimé la réplication virale, entraînant une infection moins grave - et suggérant que la voie de signalisation du gène TPL2 constitue une cible potentielle pour un traitement.

"Nous sommes très optimistes sur le fait que ces résultats nous aideront à mettre en place un vaccin d'ici quelques années", a déclaré Younho Choi, chercheur au laboratoire de Jung et premier auteur de l'étude. "Nous développons déjà divers vaccins candidats dans des modèles animaux de souris et de furets. L'idée de base du vaccin est de déjouer le virus en mettant un obstacle, permettant au système immunitaire de l'organisme de continuer à faire son travail."
 
D’après : Science races against tick-borne virus, University of Southern California, January 7, 2019

     
   
 
 

Profils épidémiologiques de la borréliose de Lyme et de l'encéphalite à tiques en République Tchèque (2007-2016)

 

11 janv. 2019

La borréliose de Lyme (BL) et l'encéphalite transmise par les tiques (ET) sont deux maladies transmises par les tiques. Ces deux maladies sont endémiques et ont été signalées dans toutes les régions de la République Tchèque, y compris les agglomérations urbaines, mais dans des proportions variables.

En raison des conditions naturelles dans les zones frontalières, le risque d'infection est également élevé pour les voyageurs des pays voisins tels que l'Autriche, l'Allemagne, la Pologne et la Slovaquie.

Pour obtenir plus d'informations sur l'épidémiologie de la BL et de l’ET au cours de la dernière décennie, nous avons analysé les données de surveillance nationales de 2007 à 2016. L'incidence de la BL en République tchèque est de 37,3 / 100 000 habitants par an et l’incidence d’ET étant de 5,7 / 100 000.

La différence entre les incidences de BL et d’ET augmente avec le temps. Les incidences des deux infections par âge ont une forme typique en deux pics, avec le premier pic dans le groupe d’âge de 5 à 9 ans pour la BL et de 15 à 19 ans pour l’ET. Le deuxième pic pour la BL et l’ET se situe dans le groupe d’âge des 55 à 64 ans.

L’ET représente un risque considérable pour les enfants de moins de 15 ans.

Parmi les 39 074 cas de BL, les manifestations cliniques les plus courantes sont les érythèmes migrants 62,1% et la neuroborréliose de Lyme 25,1%.

Tous les 5969 cas de ET se sont manifestés en affectant le système nerveux, à savoir la méningo-encéphalite à 47,9%, une méningo-encéphalomyélite dans 21,8% des cas et une méningite dans 19,8% des patients.

Les données obtenues démontrent le risque élevé d'infection par la BL et l’ET en République Tchèque. L'incidence des deux infections montre une distribution bimodale au cours de l'année. Les cas de BL sont cinq à six fois plus fréquents que les cas d’ET.

Au cours des dernières années, l’incidence de la BL est restée à peu près stable, tandis que l’ET a affiché une légère tendance à la baisse.

L’étude présentée est unique en ce qu’elle permet de comparer les taux d’incidence de la BL et de l’ET dans le temps et dans l’espace.

D’après : Comparison of the epidemiological patterns of Lyme borreliosis and tick-borne encephalitis in the Czech Republic in 2007-2016, B Kříž, A Fialová, H Šebestová, M Daniel, M Malý, Epidemiol Mikrobiol Imunol. 2018 Winter;67(3):134-140.
     
   
 
 

Myélite transverse aiguë - Une manifestation clinique rare de la neuroborréliose de Lyme

 

11 janv. 2019


La myélite transverse aiguë, d'étiologie encore inconnue est une maladie inflammatoire démyélinisante de la moelle épinière présentant des manifestations motrices, sensitives et autonomiques. C’est un syndrome neurologique rare, potentiellement dévastateur, avec une incidence annuelle estimée entre 1/1 000 000 et 1/250 000, selon les études (elle est souvent précédée de quelques semaines par une infection virale).

La maladie de Lyme est la zoonose la plus répandue des Etats-Unis. Bien que les complications neurologiques de la maladie de Lyme soient courantes, la myélite transversale aiguë est une complication extrêmement rare.

Il s’agit ici du cas d'un homme de 25 ans, auparavant en bonne santé, présentant un érythème migrant secondaire, une méningite aseptique et des signes cliniques de myélite transverse, notamment des déficits moteur et sensoriel bilatéraux des membres inférieurs, se traduisant par une faiblesse et un engourdissement, une rétention urinaire et une constipation.

Malgré une sérologie négative à Borrelia burgdoferi, le liquide céphalorachidien était positif en PCR pour Borrelia burgdorferi.

À la suite d'un traitement avec méthylprednisolone et ceftriaxone, il s'est complètement rétabli, à l'exception d'une vessie neurogène nécessitant une auto-cathétérisation intermittente.

Il s’agit donc d’une manifestation rare d'une maladie commune, soulignant l'importance de prendre en compte la maladie de Lyme dans le diagnostic différentiel de la myélite transverse aiguë, en particulier en zones d'endémie.

D’après : Acute transverse myelitis – A rare clinical manifestation of Lyme neuroborreliosis, Dumic I, Vitorovic D, Spritzer S, Sviggum E, Patel J, Ramanan P.,
IDCases, Volume 15, 2019,

Voir aussi : Myélite transverse aiguë idiopathique
     
   
 
 

L'âge affecte la gravité de la réponse immune aiguë contre Babesia et Borrelia

 

9 janv. 2019


La maladie de Lyme est la maladie transmise par les tiques la plus répandue, avec 300 000 cas estimés par le CDC chaque année, tandis qu’environ 2 000 cas de babésiose surviennent chaque année aux États-Unis.
Les infections simultanées par Babesia microti et Borrelia burgdorferi sont maintenant les co-infections les plus courantes transmises par les tiques aux États-Unis et constituent un grave problème de santé car les patients co-infectés présentent des symptômes de maladie plus intenses et persistants.
B. burgdorferi est un spirochète extracellulaire responsable de la maladie de Lyme systémique, tandis que B. microti est un protozoaire qui infecte les érythrocytes et provoque la babésiose.
Le statut immunitaire et l’état de la rate jouent un rôle important dans la résolution de la babésiose, qui est plus grave, voire mortelle, chez les patients âgés ou chez ceux ayant subi une splénectomie.
Par conséquent, a été étudié l'effet de chaque pathogène sur la réponse immunitaire de l'hôte et sur la gravité des manifestations de la maladie chez les souris C3H jeunes et âgées de 30 semaines.
Au stade aiguë de l'infection, une polarisation Th1 est observée chez les souris jeunes  avec une augmentation du nombre de cellules T productrices d'IFN-γ et de TNF-α et à un rapport Tregs / Th17 élevé. Ce type de réponse immunitaire pourraient aider à la juguler les deux infections chez les jeunes souris, et également prévenir du décès par infection par B. microti.
Chez les souris matures plus âgées, la polarisation Th2 lors la phase aiguë de l'infection par B. burgdorferi pourrait jouer un rôle plus efficace dans la prévention des symptômes de la maladie de Lyme. Ainsi, l'amélioration de la survie de B. burgdorferi et la colonisation accrue des tissus entraîneraient une arthrite sévère de Lyme uniquement chez les jeunes souris co-infectées.
Trois semaines après l'infection, une diminution de la production d'anticorps spécifiques de l'agent pathogène est observée chez les jeunes souris co-infectées, mais pas chez les plus plus âgées, par rapport aux souris infectées individuellement avec chaque pathogène. Ceci peut également contribuer à l'augmentation de l'inflammation due à l'infection à B. burgdorferi, provoquant ainsi une persistance de la maladie de Lyme chez les souris co-infectées, comme rapporté chez les patients.
Ainsi, une réponse pro-inflammatoire plus élevée combinée à B. burgdorferi due aux cellules Th1 et Th17 a probablement réduit la parasitémie de B. microti de manière significative uniquement chez les jeunes souris. Au contraire, la présence de B. microti réduirait l'immunité humorale chez les animaux plus âgés et intensifierait la colonisation tissulaire par les spirochètes chez ces souris, même au stade aiguë, augmentant ainsi l'arthrite inflammatoire.

D’après : Age-Related Differential Stimulation of Immune Response by Babesia microti and Borrelia burgdorferi During Acute Phase of Infection Affects Disease Severity, V Djokic, S Primus, L Akoolo, M Chakraborti and N Parveen, Frontiers in Immunology, 07 December 2018
immunologie
     
   
 
 

USA - le projet de loi sur la maladie de Lyme de nouveau soumis au Congrès

 

8 janv. 2019


Le représentant Chris Smith a présenté de nouveau, jeudi, au début du 116 e Congrès, un projet de loi visant à créer une nouvelle stratégie nationale sur la maladie de Lyme et les autres maladies transmises par les tiques et à renforcer les efforts du gouvernement fédéral et prévenir les maladies transmises par les tiques.

En mai dernier, les représentants Chris Smith (Républicain, New Jersey) et Collin Peterson (Démocrate, Minnesota) avaient présenté un projet de Loi nationale sur le contrôle et la responsabilisation des maladies transmises par les tiques.

Aujourd'hui, il a été annoncé que le représentant Smith va soumettre ce projet de loi afin de créer une nouvelle stratégie nationale sur la maladie de Lyme et les autres maladies transmises par les tiques et d'intensifier les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour combattre, traiter et prévenir les maladies transmises par les tiques.

«Le rapport de 2018 du groupe de travail Département de la santé et des services sociaux sur les maladies transmises par les tiques indique clairement que les maladies transmises par les tiques se propagent rapidement et dépassent de loin notre réponse nationale actuelle à ce problème», a déclaré le représentant Smith. «Ma loi bipartite créerait une nouvelle stratégie nationale sur la maladie de Lyme et coordonnerait mieux les efforts déployés par les agences fédérales pour veiller à ce que notre réponse soit ciblée et efficace. Nous devons avoir tous les bras sur le pont pour lutter contre ces maladies. »

Le représentant Collin Peterson, principal soutien démocrate de la loi, déclare "En tant que coprésident au Congrès du groupe de travail sur la maladie de Lyme, je comprends l'importance d'une réponse fédérale coordonnée à la maladie de Lyme et à d'autres maladies transmises par les tiques". «La stratégie nationale définie par la Loi sur le contrôle et la responsabilisation en matière de maladies par les tiques nous aidera à améliorer notre capacité à rechercher, diagnostiquer et traiter ces menaces en croissance rapide

Patricia Smith, experte et conseillère de renommée nationale, et
présidente de l'association de la maladie de Lyme (LDA), basée à New Jersey, fait partie du groupe de travail du Département de la santé et des services sociaux sur les maladies transmises par les tiques. Elle a déclaré à propos de la législation: « Tout le monde mérite une protection contre la maladie de Lyme. Pourtant, depuis des décennies, cette maladie s'est répandue sans répit à travers les États-Unis, en touchant nombre de nos ressources les plus précieuses, nos enfants, qui constituent un groupe à haut risque. Dans son rapport mensuel sur les signes vitaux, le CDC a annoncé que le nombre de cas de maladies transmises par les tiques avait doublé entre 2004 et 2016, et les États-Unis ne sont pas prêts à faire face à cette menace, un fait confirmé par le nombre record de cas de Lyme déclarés par le CDC en 2017, 42 743. Compte tenu de la sous-déclaration, 427 430 nouveaux cas de Lyme sont survenus aux seuls États-Unis en 2017, un nombre incroyable, qui n'inclut pas les autres maladies transmises par les tiques (TBD) et les troubles auxquels les Américains sont confrontés. "

Parmi les nombreuses dispositions clés de la loi Smith-Peterson:

·      Création du Bureau de surveillance et de coordination pour les maladies à tiques du Département américain de la santé et des services sociaux, chargé de superviser les efforts fédéraux visant à prévenir et à traiter la maladie de Lyme;

·      Appelle à une nouvelle stratégie nationale sur les maladies transmises par les tiques et demande au secrétaire du Département de la santé et des services sociaux de faire un rapport au Congrès sur les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour diagnostiquer et traiter la maladie de Lyme et assurer la collaboration entre divers organismes;

·      Promotion de la coordination des activités fédérales relatives aux maladies transmises par les tiques avec le groupe de travail Département de la santé et des services sociaux sur les maladies transmises par les tiques

·      Mandate que le secrétaire du Département de la santé et des services sociaux agisse pour soutenir des recherches approfondies et étendues sur les maladies transmises par les tiques et l'amélioration des tests de diagnostic, et pour promouvoir l'éducation et la sensibilisation du public aux maladies transmises par les tiques.

D’après : Historic Lyme disease bill to be reintroduced, par News Desk, 7 janvier 2019, &, Smith Introduces Historic Lyme Disease Bill, 4 janvier 2019
     
   
 
 

Du sida à la maladie de Lyme, patients et médecins peuvent travailler ensemble

 

7 janv. 2019


Par Alain Trautmann, chercheur CNRS émérite en immunothérapie du cancer, Paris, Raouf Ghozzi, Interniste-infectiologue à Lannemezan, président de la FFMVT (Fédération Française contre les Maladies Vectorielles à Tiques) et Lydie Trautmann, chercheuse en immunologie des infections par HIV, Bethesda (USA) — 7 janvier 2019 à 12:47

Pour de nombreuses maladies comme le sida, la recherche médicale a bénéficié d'un échange constant entre les chercheurs et les malades. Pourquoi ne pas en faire autant avec d'autres pathologies, comme la maladie de Lyme ?
     
   
 
 

Eruptions cutanées multiples dues à l'érythème migrant

 

7 janv. 2019


L'érythème migrant est une éruption cutanée caractéristique qui apparaît chez environ 70% à 80% des patients atteints de la maladie de Lyme. L'éruption en forme d'anneau apparaît généralement au site de la morsure de la tique au cours des deux premières semaines et s'étend vers l'extérieur.

Les endroits où l'éruption peut être vue sont les suivants:

·   Aisselles
·   Torse
·   Dos
·   Aines
·   Abdomen
·   Membres

La caractéristique classique d'une éruption cutanée due à la maladie de Lyme est sa guérison centrale. Les éruptions cutanées commencent initialement par un rouge diffus, suivies par une expansion vers l'extérieur et la formation d’un anneau avec une clairière centrale.

Des éruptions cutanées multiples sont le signe d’une infection hématogène disséminée précoce.

Ici nous présentons des images d'un patient atteint d'érythème migrant lié à une maladie de Lyme classique avec de multiples éruptions cutanées au dos et au torse. Il ne présentait aucun signe d'atteinte cardiaque ou neurologique.

Nous produisons également des images après traitement à la doxycycline ciblant Borrelia burgdorferi, avec une résolution presque complète des éruptions cutanées.

Il s'agit d'une présentation commune et caractéristique de la maladie de Lyme, dont les cliniciens doivent tenir compte lors de la consultation de patients exposés à des morsures de tique en zones d'endémie.


D’après : Multiple Erythema Migrans Rashes Characteristic of Early Disseminated Lyme Disease, Before and After Therapy, A S Shah, B R Varatharaj Palraj, Mayo Clinic Proceeding, January 2019 Volume 94, Issue 1, Pages 172–173
     
   
 
 

Suisse - Remboursement de la vaccination contre l'encéphalite virale à tiques

 

6 janv. 2019


Face à l'augmentation rapide du nombre d'infections, l'Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP) a confirmé que la vaccination contre l'encéphalite à tiques est désormais couverte par l'assurance maladie de base suisse.
En 2018, 377 cas d'infection ont été enregistrés, soit 40% de plus qu'en 2017 et trois fois plus qu'en 2015.
Les symptômes incluent fièvre, courbatures, perte d'appétit, maux de tête, nausées et vomissements. Un gonflement du cerveau et de la moelle épinière, de la confusion et des troubles sensoriels surviennent chez 20% à 30% des personnes. 1% des personnes infectées meurent de l'infection.
Il n’existe aucun traitement contre l’encéphalite à tiques, mais il existe un vaccin efficace comprenant trois injections. La deuxième injection est réalisée 30 jours après la première et la troisième de 9 à 12 mois plus tard.
Malheureusement, il n’existe pas de vaccin contre la maladie de Lyme, maladie la plus couramment transmise par les tiques. La maladie de Lyme est une infection bactérienne, qui doit être détectée et traitée avec des antibiotiques. Si elle n'est pas traitée, elle peut parfois avoir des effets graves sur la santé. À la fin du mois de septembre 2018, environ 12 700 cas d'infection à Lyme avaient été signalés en Suisse.

     
   
 
 

Maladie de Lyme chez le chien: la menace grandit

 

6 janv. 2019


La menace de la maladie de Lyme augmente, non seulement dans les régions d'endémie, mais également dans des zones qui, jusqu'à présent, n'étaient pas considérées à haut risque.
Par Amanda Carrozza
La maladie de Lyme, selon une étude récente du Companion Animal Parasite Council (CAPC), est non seulement une infection  canine à Borrelia burgdorferi avec une prévalence importante dans les régions du Nord-Est des USA, mais qui se répand de plus vers des parties du pays n’étant pas considérées historiquement comme endémiques.
«Ce risque croissant de maladie de Lyme exige une vigilance accrue pour protéger nos animaux de compagnie et nos familles de cette maladie dévastatrice», a déclaré le co-auteur de l'étude, Michael Yabsley, professeur au Collège de médecine vétérinaire et à la Warnell School of Forestry and Natural Resources Ressources de l'Université de Géorgie.

Augmentation de la prévalence de la maladie de Lyme
Pour cette étude, les chercheurs du CAPC ont analysé plus de 16 millions de tests de la maladie de Lyme sur des chiens domestiques aux Etats-Unis, sur une période de 5 ans, allant de janvier 2012 à décembre 2016.
Au cours de cette période, les résultats ont montré une augmentation de la prévalence de Lyme dans tous les États reconnus actuellement comme présentant une incidence élevée de la maladie de Lyme chez l'homme, notamment dans le Maine, la Virginie et les régions du nord du Minnesota et du Wisconsin. Outre la prévalence croissante de la maladie de Lyme dans ces zones d’endémie connue, les régions de l’Illinois, de l’Iowa, du Dakota du Nord, de l’Ohio, du Michigan, de la Virginie occidentale, de l’Indiana, de la Caroline du Nord et du Tennessee ont également connu une augmentation inhabituelle de la prévalence de Lyme. Selon les chercheurs, cela suggère que le risque pour l'homme pourrait également augmenter dans ces régions.
«Étant donné que la maladie de Lyme est une maladie zoonotique qui affecte l’homme et le chien, cette étude démontre non seulement un risque régional croissant pour la maladie de Lyme chez les chiens, mais elle devrait également nous aider à mieux comprendre les changements de risque de la maladie de Lyme pour les humains», a déclaré le co-auteur Christopher McMahan, professeur associé à l'Université Clemson.

Une protection toute l'année plus importante que jamais
Le CAPC espère que son étude soulignera l’importance de la prévention des parasites tout au long de l’année pour les animaux de compagnie. «Je pratique depuis plus de 34 ans à Nashville, où beaucoup de gens ne pensent pas que la maladie de Lyme est une préoccupation», a déclaré Craig Prior, vétérinaire, ancien président du conseil d’administration du CAPC. «Mais j’ai vu la forme canine de Lyme augmenter au Tennessee pendant plusieurs années et régulièrement tester et vacciner contre la maladie. Les tiques sont omniprésentes, y compris dans les banlieues et les communautés fermées où les cerfs, les ratons laveurs, les opossums, les oiseaux et d’autres hôtes fréquentent fréquemment les arrière-cours. C’est la raison pour laquelle le CAPC recommande la prévention des tiques tout au long de l’année chez les chiens - et les chats - et le dépistage régulier afin de protéger les chiens de cette maladie débilitante qui peut être extrêmement difficile à traiter. En protégeant votre animal de compagnie, vous protégez votre famille. "
En réponse à la prévalence croissante de la maladie de Lyme chez le chien et à ses implications zoonotiques, le CAPC fournit des prévisions mensuelles pour la maladie de Lyme et d’autres maladies importantes transmises par les tiques sur le site petdiseasealerts.com, ainsi que des cartes de prévalence disponibles sur petsandparasites.org.
Avec plus de 21 millions de résultats de tests d'anticorps B burgdorferi recueillis entre 2012 et 2017 chez les chiens, ces cartes permettent aux vétérinaires, aux médecins, aux propriétaires d'animaux domestiques et aux voyageurs d'évaluer le risque d'exposition aux États-Unis et au Canada.

D’après : Lyme Disease: The Threat Is Growing, American Veterinarian, December 31, 2018
     
   
 
 

Poids économique de la maladie de Lyme sur les dépenses de santé

 

5 janv. 2019

Bien que la maladie de Lyme (ML) puisse généralement être traitée, une ML mal diagnostiquée ou non traitée peut entraîner des séquelles lourdes et un recours important à des soins de santé.
L'objectif de cette revue est de caractériser l'ensemble de la littérature décrivant le poids économique de la ML et le rapport coût-efficacité des interventions médicales, tels que le traitement antibiotique ou la vaccination.
Les auteurs ont recherché de façon systématique les termes liés à la ML, aux évaluations économiques, aux coûts et à la rentabilité dans les banques de données médicales et scientifiques, ainsi que dans la littérature « grise », jusqu’en novembre 2017. Ils y ont inclus les évaluations économiques primaires menées en Amérique du Nord et en Europe -  les coûts ou rapports coût-efficacité des interventions en santé humaine. Deux relecteurs ont indépendamment examiné les articles et les données cartographiques. Les coûts ont été standardisés en dollars américains (USD).
Ainsi, 923 articles ont été examinés et inclus dans l’étude, de même que 10 analyses coût-efficacité et 11 analyses de coûts.
Trois analyses coût-efficacité ont conclu que la vaccination pour la ML n'était probablement rentable que dans les zones d'endémie (probabilité d'infection ≥ 1%). Cependant, la vaccination contre la ML n'est pas actuellement disponible aux États-Unis ou en Europe.
Six études ont évalué le poids économique d'un point de vue sociétal et ont estimé l'impact économique national annuel à: 735 550 USD pour l'Écosse ; 142 562 USD en Suède ; 40,88 millions USD en Allemagne ; 23,12 millions USD aux Pays-Bas ; et jusqu'à 786 millions USD aux Etats-Unis.
La ML est un poids économique qui peut être considéré comme important aux États-Unis et dans d'autres pays développés pour justifier de nouveaux efforts de recherche sur le contrôle et la gestion de la maladie.
Les coûts sociétaux de la maladie de Lyme peuvent avoir le même impact que les coûts de santé, mais ne sont pas entièrement compris. En effet, la littérature économique sur ce sujet dans les pays ayant des taux d'incidence élevés de ML est peu abondante. Une meilleure compréhension des coûts indirects de la ML dans ces pays est nécessaire pour guider la prise de décision en matière de politique de santé pour la maladie de Lyme.
     
   
 
 

Virus de l'encéphalite à tiques chez les vaches et le lait non pasteurisé en Norvège

 

3 janv. 2019

Le virus de l'encéphalite transmise par les tiques (TBEV) est reconnu comme le plus important virus zoonotique transmis par les tiques en Europe. Le TBEV est principalement transmis aux humains par les piqûres de tiques infectées par le TBEV.
Cependant, des infections alimentaires après la consommation de lait et de fromage non pasteurisés provenant de ruminants domestiques ont été rapportées. Il existe peu d'informations sur le TBEV chez les ruminants en Norvège.
Les objectifs de cette étude étaient d'analyser le lait de vache non pasteurisé pour détecter le TBEV et d'étudier la présence d'anticorps anti-TBEV chez les mêmes animaux. Au total, 112 échantillons de lait et de sang ont été prélevés sur des vaches provenant de cinq fermes différentes réparties du sud au nord de la Norvège. Les échantillons de lait ont été analysés par PCR et confirmés par séquençage de l’ADN. Les échantillons de sérum ont été criblés par un test ELISA.
Nous avons trouvé le TBEV dans du lait non pasteurisé provenant de fermes des municipalités de Mandal, Skedsmo et Brønnøy chez 5,4% des animaux testés.
Les anticorps spécifiques du TBEV n'ont été détectés qu'à Arendal, où 88,2% des animaux testés étaient positifs.
Des études complémentaires sur le lait contenant du TBEV doivent être menées pour déterminer si le TBEV présent dans du lait non pasteurisé en Norvège est infectieux, ce qui pourrait revêtir une grande importance dans une perspective de santé globale.
D’après : Tick‐borne encephalitis virus in cows and unpasteurized cow milk from Norway, KM Paulsen, S Stuen, CG das Neves, F Suhel, D Gurung, A Soleng, K Stiasny, R Vikse, AK Andreassen and Erik G. Granquist, Zoonoses and Public Health, 28 December 2018
     
   
 
 

Plan Lyme – Éditorial du Directeur Général de la Santé

 

3 janv. 2019


La prévention et la gestion des maladies transmises par les tiques ne bénéficiaient que peu d’attention, mais elles représentent désormais un défi majeur pour la santé publique. L'incidence de la borréliose de Lyme, mesurée par le réseau Sentinelle, a considérablement augmenté, passant de 51 cas/100 000 habitants en 2015, à 84 cas/100 000 habitants en 2016. Cette augmentation pourrait s'expliquer en partie par une meilleure connaissance de la maladie. Néanmoins, de nombreuses incertitudes scientifiques subsistent et concernent principalement l'entomologie, l'épidémiologie, les co-infections potentielles, et les stratégies de diagnostic et de traitement. Ces incertitudes donnent parfois lieu à des débats féroces, voire brûlants, entre les médecins et en direction de la population généralement inquiète, ainsi qu’à une errance médicale substantielle associée à des risques de carences médicales, ou de diagnostics et de prescriptions excessifs.
Le Ministère français de la santé a donc décidé de lancer en 2017 un plan national de prévention et de contrôle de la maladie de Lyme et d'autres maladies à tiques.
Le plan comprend cinq objectifs principaux et 15 mesures visant à:
• renforcer la prévention des maladies transmises par les tiques ;
• améliorer la prise en charge médicale des patients et lutter contre l’errance médicale en normalisant les stratégies de diagnostic et de traitement, telles que les modalités de prise en charge au niveau national par la mise en œuvre d'un Protocole national de diagnostic et de soins conçu par l'autorité nationale de la santé (HAS), les sociétés et associations scientifiques;
• améliorer les connaissances sur les maladies transmises par les tiques.
Ce plan englobe toutes les composantes d'une politique de santé publique globale moderne, car il prend en compte les facteurs environnementaux et entomologiques dans le cadre d'une stratégie One Health. Les objectifs sont de renforcer la prévention de ces affections, de mettre l'accent sur la prévention individuelle (comment prévenir les morsures de tiques? Que faire en cas de morsure de tique? Quand les patients doivent-ils consulter?). Et améliorer la prise en charge des patients en prenant en compte chaque situation.
Ce plan national a été élaboré en étroite collaboration avec les associations de patients pour favoriser la démocratie sanitaire, car je suis convaincu que les patients devraient toujours être écoutés et qu'ils seraient disposés à modifier leurs comportements, à comprendre les politiques en matière de santé et à contribuer à façonner les pratiques médicales si nécessaire. Les progrès scientifiques devront leur être bien expliqués.
Il convient de souligner ici le développement d’un projet unique: une plate-forme ouverte où chacun peut signaler les morsures de tiques. Conçue par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) avec le soutien de la Direction générale de la santé, cette plate-forme complète la surveillance épidémiologique habituelle dans le cadre d'un projet scientifique participatif unique (http://ephytia.inra.fr/fr/P/159/Signalement_TIQUE).
Je crois fermement que les témoignages, les souffrances et les questions des patients doivent être pris en compte pour approfondir notre connaissance de ces maladies, mais je pense également que les changements dans les pratiques médicales, ainsi que les projets de recherche thérapeutique et diagnostique doivent être soumis à la plus grande rigueur scientifique pour valider de nouveaux protocoles de gestion de la maladie. Ils doivent également être soumis à une transparence totale en termes d’indépendance des résultats obtenus.
En tant que responsable de projet pour la rédaction du Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) pour le compte de la HAS jusqu’à décembre 2017, je me suis efforcé de garantir cet équilibre délicat mais essentiel, que je continuerai d'essayer de maintenir en tant que Directeur général de la santé.
Avec ce plan national, mon objectif est de faire en sorte que tout soit mis en œuvre pour éviter le déni des souffrances des patients et la non-prise en compte des patients ayant besoin d'une oreille attentive, mais aussi de ne pas fermer les yeux sur les symptômes et les troubles décrits par les patients, les pratiques discutables, les douleurs physiques et émotionnelles inutiles, et le processus potentiellement long de l’errance médicale. L’autre objectif est de mobiliser les moyens d’écoute des patients et d’assurer un jugement médical adéquat basé sur les avancées scientifiques.
Je compte donc sur l’ensemble de la communauté médicale (professionnels de santé hospitaliers et de proximité) pour structurer et guider la prise en charge globale et adéquate des patients - de leur domicile aux centres de référence - et pour améliorer rapidement nos connaissances de ces maladies fascinantes, mais toujours insuffisamment connues.
L'auteur déclare qu'il n'a aucun conflit d'intérêt.
Jérôme Salomon
Directeur général de la santé
14, avenue Duquesne, 75350 07 SP Paris, France


Traduit d’après : The Lyme disease plan of the French Directorate General for Health – Jérome Salomon, Médecine et maladies infectieuses, 30/12/2018.
     
   
 
 

Virus de l’encéphalite à tique en Allemagne, Danemark, France, Hollande et Suède

 

1 janv. 2019


Quatre études publiées fin 2018 - début 2019 analysent la progression du virus de l’encéphalite à tique en Allemagne, Danemark, France, Hollande et Suède.
L'encéphalite transmise par les tiques est une maladie grave dont l'incidence chez l'homme a augmenté dans certaines régions européennes au cours des deux dernières décennies.
Ces nouvelles études ont été réalisées entre 2013 et 2018, chez des populations animales sentinelles, de même que chez la tique, complétées de l’incidence observée chez l’homme.
Ainsi une étude danoise réalisée à l’échelle nationale et recherchant chez le chevreuil la séroprévalence des virus responsables de l’encéphalite à tique, montre que près de 7% des animaux été en contact ou sont porteurs du virus. Les échantillons positifs ont principalement été obtenus à partir de foyers déjà connus dans des études sentinelles antérieures. Cependant, de nouvelles zones de risque sont également identifiées.
L’étude réalisée en Suède indique que l’encéphalite à tique est très directement corrélée à l'abondance de chevreuils, de cerfs et de lièvres. Ceci est lié à la disponibilité accrue pour ces cervidés de vastes zones d'habitats dans le sud de la Suède, augmentant par la même la densité de tiques et créant de nouveaux foyers pour le virus, ce qui entraîne une incidence accrue d’encéphalite à tique chez l’homme.
La présence du virus de l’encéphalite à tique a été signalée pour la première fois au Pays-Bas en 2015, dans le parc national de Sallandse Heuvelrug, sur la base de sérologies effectuées chez des chevreuils. Deux cas humains d’encéphalite à tique  autochtones ont été rapportés en 2016. Dans cette nouvelle étude les auteurs décrivent un troisième patient, et identifient un probable foyer de virus dans la région de Sallandse Heuvelrug. Ces quelques événements suggèrent une transmission endémique du virus de l'encéphalite à tiques aux Pays-Bas, mais la véritable prévalence de la maladie dans ce pays restent à déterminer.
Dans l’étude menée par l’équipe allemande, plus de 4 000 tiques ont été analysées dans deux zones forestières situées de part et d’autre du Rhin. En Forêt Noire, 0,17% (environ une tique sur 600) était porteuse du virus de l’encéphalite à tique, contre environ 0,11% pour la Forêt de la Robertsau, en Alsace (soit environ une tique sur 1 000). Cette étude décrit également trois nouvelles souches de virus isolées en Allemagne, et génétiquement proches de celles que l’on retrouve habituellement en Europe de l’Est.
     
   
 
 

Maladie de Lyme et sarcoïdose cardiaque : Prise en charge des arythmies ventriculaires associées

 

29 déc. 2018

L'atteinte cardiovasculaire dans la maladie de Lyme est une manifestation rare. Après une infection à Borrelia burgdorferi, la cardiomyopathie de Lyme se présente généralement sous la forme d'un bloc auriculo-ventriculaire au début de la phase disséminée de la maladie, allant d'un allongement du temps de conduction auriculo-ventriculaire à un blocage cardiaque complet, généralement résolu après un traitement antibiotique approprié.
Il est intéressant de noter que le bloc auriculo-ventriculaire est également courant chez les patients atteints de sarcoïdose cardiaque, et que la sarcoïdose cardiaque a été lié à la maladie de Lyme.
En effet, plusieurs rapports ont associé une infection par Borrelia burgdorferi à une sarcoïdose sur la base de la détection de microorganismes apparentés à Borrelia dans des biopsies, et avec des sérologies positives pour Borrelia. Néanmoins, le rôle causal de Borrelia burgdorferi dans la sarcoïdose n’a pas été clairement établi.
Nous décrivons ici un patient qui a été diagnostiqué avec une cardiomyopathie de Lyme et qui a finalement développé une sarcoïdose cardiaque.

D’après : Lyme disease and cardiac sarcoidosis: Management of associated ventricular arrhythmias, J Romero, U Jorde, J C Diaz, A Cioci, M I Travin et L Di Biase, Heart Rythm, Case reports, December 2018, Volume 4, Issue 12, Pages 584–588
     
   
 
 

La babésiose comme cause de syndrome de détresse respiratoire aiguë

 

28 déc. 2018

OBJECTIFS: Les caractéristiques des patients atteints du syndrome de détresse respiratoire aiguë comme complication d'une infection par Babesia microti n'ont pas été systématiquement décrites.
MÉTHODES: Les patients adultes admis à l'unité de soins intensifs de hôpital Lower Hudson Valley dans l'État de New York, entre le 1er janvier 2008 et le 1er août 2016, ont été évalués pour une babésiose évoluant vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë.
RÉSULTATS: Sur les 22 patients atteints de babésiose, admis en unité de soins intensifs, huit avaient un syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Six de ces patients ont développé un syndrome de détresse respiratoire aiguë après l’instauration d’un traitement médicamenteux anti-babésia; la durée moyenne des symptômes chez ces patients était supérieure à celle des patients ayant développé un syndrome de détresse respiratoire aiguë avant le début du traitement (7,5 jours, versus 4,5 jours).
Trois patients ont expiré sans récupération du syndrome de détresse respiratoire aiguë (37.5%). En comparaison, le taux de mortalité des 14 patients de la babésiose sans syndrome de détresse respiratoire aiguë est de 14,3%.
Les survivants sont généralement plus jeunes que les patients décédés (âge moyen 54 ans, versus 74 ans).
CONCLUSION: Parmi les 22 patients adultes gravement atteints d'infection à B. microti, le syndrome de détresse respiratoire aiguë s'est développé chez huit (35,4%), et trois d’entre eux (37,5%) ont expiré sans résolution du syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë suivait souvent l’initiation d’un traitement médicamenteux anti-babésia, posant la question de savoir si la mort du parasite avait en soi contribué au développement de la détresse respiratoire aiguë.

D’après : Babesiosis as a cause of acute respiratory distress syndrome: a series of eight cases, S A De Leon, P Srivastava, A E Revelo, A Kadambi, M Y El Khoury, G P Wormser & O Epelbaum, Postgrad. Medicine, online: 26 Dec 2018
     
   
 
 

Redéfinition du genre Borrelia

 

28 déc. 2018

Les bactéries appartenant au genre Borrelia, décrit initialement en 1907, contiennent des spirochètes transmis par les tiques ou les poux.
Elles appartiennent principalement au groupe des spirochètes responsables de fièvres récurrentes, ou bien à celui des spirochètes impliqués dans la borréliose de Lyme, et correspondent à deux embranchements biologiques différents du genre Borrelia. Cette séparation en deux embranchements a été proposée en 2014 sur la base de la comparaison des ADNs des différentes Borrelia étudiées.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont ré-analysé le genre Borrelia en se basant sur une méthode mieux adaptée à la démarcation des genres chez les bactéries, basée sur le pourcentage de protéines conservées entre les Borrelia [Ndlr : effectivement, le fonctionnement des Borrelia, dont leur caractère infectieux, dépend des protéines. En revanche, l’ADN, à la façon de dialectes très proches, peut présenter des variations pour désigner une même chose (ici une protéine)].
Les différentes espèces de Borrelia responsables de fièvres récurrentes, de la borréliose de Lyme, et deux espèces un peu distantes véhiculées par les reptiles et les échidnés,  ont été analysées sur la base de la conservation de leurs protéines.
Les résultats démontrent de façon formelle que ces spirochètes appartiennent bien à un groupe unique, réunis au sein du genre Borrelia.

D’après : The genus Borrelia reloaded,
G Margos, A Gofton, D Wibberg, A Dangel, D Marosevic, S M Loh, C Oskam, V Fingerle, PLOS ONE,  December 26, 2018.

Commentaire: en accord avec ce travail, plusieurs études ont récemment décrit un syndrome intermédiaire entre fièvres récurrentes et borréliose de Lyme, dû à Borrelia Miyamotoi, et dénommé par les auteurs maladie de Borrelia Miyamotoi – soulignant ainsi la possibilité d’un continuum dans les signes cliniques détectés en réponse aux différentes bactéries du genre Borrelia.
     
   
 
 

Controverses concernant la maladie de Lyme

 

24 déc. 2018

Lettre à  l'éditeur
Le point de vue présenté par les Drs Shapiro et Wormser  sur la maladie de Lyme [1] contenait des déclarations qui ne sont pas entièrement en phase avec les données actuelles des connaissances.
Par exemple, les auteurs déclarent que «la grande majorité des patients atteints de la maladie de Lyme (≥ 90%) développent la lésion cutanée caractéristique, l'érythème migrant». Selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies d’Atlanta (CDC), seuls 70% à 80%  des patients déclarés auprès du système de surveillance font un érythème migrant [2]. Schutzer et ses collaborateurs affirment qu’il est possible que l’érythème migrant ne se produise pas, ou ne soit pas reconnu dans 30% des cas [3], et des études ont relevé des variantes inhabituelles de l’érythème migrant.
Le grand public et même certains cliniciens ont du mal à trancher si une éruption cutanée est un érythème migrant. Aucott et ses collaborateurs ont rapporté que, sur 3074 personnes participant à une enquête d'identification des éruptions cutanées [4], 72,7% avaient correctement identifié l'éruption cutanée typique d'érythème migrant associée à la maladie de Lyme, tandis que 24,2% avaient incorrectement identifié une réaction de morsure de tique comme étant un érythème migrant.
Si 20,5% des participants de cette étude ont correctement identifié les quatre éruptions cutanées non classiques incluses dans l'enquête, un pourcentage important de personnes ont du mal à les identifier et ne demanderait peut-être pas une assistance médicale rapide [4]. Ces personnes courent un risque accru de développer des séquelles plus graves de la maladie de Lyme, telles que le Syndrome post-traitement de la maladie de Lyme, ou PTLDS, qui n’a pas été abordé dans l’article de Shapiro et Wormser  .
Les Drs Shapiro et Wormser ont également écrit qu'«il existe une idée fausse et répandue selon laquelle la faible sensibilité des tests ELISA pour la maladie de Lyme est une limitation majeure». Les tests à deux niveaux, en début de maladie de Lyme ne sont sensibles qu'à 40%, et leur sensibilité augmente uniquement à 67,5% après le traitement antibiotique [5]. Une mauvaise qualité du test diagnostic au début de la maladie de Lyme est problématique, car les évolutions cliniques positives sont associées à un diagnostic et la mise en place d’un traitement le plus  tôt possible.
Les auteurs ajoutent ensuite: «Cependant, le problème ne se pose que si les cliniciens s’appuient à tort sur des tests sérologiques pour poser un diagnostic de maladie de Lyme chez des patients atteints d’érythème migrant, ce qui précède généralement le développement d’anticorps détectables». La plupart des patients ne se souviennent pas d’une morsure de tique, 20 à 30% des patients ne présentent pas d’érythème migrant [2], et toutes les éruptions cutanées qui ressemblent à un érythème migrant n’en sont pas toujours [3].
Ainsi, les cliniciens doivent souvent s’appuyer sur les antécédents d’un patient, associés à des tests sérologiques, pour obtenir un diagnostic opportun et précis.
Scott Santarella, BA; Timothy J. Sellati, PhD
Références :
1. Shapiro  ED, Wormser  GP.  Lyme disease in 2018: what is new (and what is not).  JAMA. 2018;320(7):635-636. https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2696480
2. Centers for Disease Control and Prevention. Signs and symptoms of untreated Lyme disease. https://www.cdc.gov/lyme/signs_symptoms/index.html.
3. Schutzer  SE, Berger  BW, Krueger  JG, Eshoo  MW, Ecker  DJ, Aucott  JN.  Atypical erythema migrans in patients with PCR-positive Lyme disease.  Emerg Infect Dis. 2013;19(5):815-817. https://wwwnc.cdc.gov/eid/article/19/5/12-0796_article
4. Aucott  JN, Crowder  LA, Yedlin  V, Kortte  KB.  Bull’s-eye and nontarget skin lesions of Lyme disease: an Internet survey of identification of erythema migrans.  Dermatol Res Pract. 2012;2012:451727. https://www.hindawi.com/journals/drp/2012/451727/
5. Lahey  LJ, Panas  MW, Mao  R,  et al.  Development of a multiantigen panel for improved detection of Borrelia burgdorferi infection in early Lyme disease.  J Clin Microbiol. 2015;53(12):3834-3841. https://jcm.asm.org/content/53/12/3834
D’après : Controversies About Lyme Disease. S. Santarella and T. J. Sellati, Comment & Response, JAMA. 2018;320(23):2481-2482.
     
   
 
 

Évaluation des patients adultes atteints d'érythème migrant à l'aide de l'Inventaire de dépression de Beck

 

24 déc. 2018


L’Inventaire de dépression de Beck (version BDI-II) peut être utilisé pour évaluer les symptômes de dépression chez les individus.

MÉTHODES:
Dans une étude prospective d'un an, 52 patients adultes atteints de la maladie de Lyme atteints d'érythème migrant et 104 sujets témoins ont été évalués en utilisant l’Inventaire de dépression de Beck, au début de l'étude, et environ 6 et 12 mois plus tard après le traitement par antibiotique.

 RÉSULTATS:
Le score moyen était significativement plus élevé lors de la visite initiale chez les patients atteints de la maladie de Lyme par rapport aux témoins, cependant aucune différence significative n'a été observée entre les deux groupes lors des visites à 6 ou 12 mois. Au cours de l’étude, les scores moyens de l’Inventaire de dépression de Beck ont diminué en moyenne d’environ 0,22 point par mois chez les patients atteints de la maladie de Lyme, alors que les scores moyens ont très peu varié chez les témoins (variation moyenne = -0,02 par mois).
Le nombre total de symptômes somatiques, sur les 12 symptômes évalués, est fortement et directement corrélé aux scores l’Inventaire de dépression de Beck lors de la visite initiale chez les patients atteints de la maladie de Lyme.

CONCLUSIONS:
Les scores moyens de l’Inventaire de dépression de Beck des patients présentant une maladie de Lyme précoce dépassaient de manière significative ceux des témoins appariés au début de l'étude, mais à 6 mois, les valeurs ne différaient pas de manière significative.
Il y a une corrélation directe bonne à excellente entre le score mesuré et le nombre total de symptômes, suggérant que les scores de l’Inventaire de dépression de Beck reflètent des symptômes dépressifs somatiques plutôt qu'affectifs.
Lors de l'utilisation de l’Inventaire de dépression de Beck comme outil d'évaluation des patients atteints de la maladie de Lyme, les symptômes somatiques liés à l'infection doivent être pris en compte dans l'interprétation des résultats.

D’après : Evaluation of Prospectively Followed Adult Patients with Erythema Migrans Using the Beck Depression Inventory Second Edition. Wormser GP, Park K, Madison C, Rozenberg J, McKenna D, Scavarda C, Karmen C, Dornbush R, Visintainer P, Am J Med. 2018 Dec 15.

Commentaire : il serait certainement intéressant qu’un travail similaire puisse être réalisé dans les formes disséminées tardives, les formes séronégatives et dans les syndromes post-traitements de la maladie de Lyme.

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